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    Queltia ouvrit soigneusement son sac, pour chercher un mouchoir, ou ne serait-ce qu'un bout de tissu pour faire cesser ce mini-flot de sang. Manza' se contenta d'un " Tsss", exprimant non seulement son mécontentement vis à vis de cette nature non respectée mais aussi vis à vis de cette chaleur cruelle qui entourait leur peau d'un hâle brûlant. Temps caniculaire à Localo.

    Alors que Queltia regarde le bandage improvisé, fait à partir de papier toilette volé aux WC de la place de Rhum, avec une grande plénitude, Drica, toujours aussi enjouée, s'avance à pas silencieux. C'est à peine si l'on entend ses baskets fouler l'herbe : démarche un peu étrange, mais la finitude de ses gestes se devinent bien. Arrivée à la hauteur de Queltia, Drica lance un BOUH tonitruant. Queltia sursaute, et émet un " Grr " en souriant. Manza' et Melo' ont un rire complice.

    " Au fait, merci Queltia pour ce... ( Melo' cherche ses mots, car comment peut on appeler bandage un morceau de papier toilettes ? ) Enfin merci ! "

    Heureuse de sa plaisanterie, Drica sautille allégrement autour du petit groupe, avant de s'asseoir par une dernière accrobatie. Elle est réputée pour son enthousiasme constant et sa voix claire et enjouée. Comme pour se faire pardonner, elle enlace Queltia de ses petits bras et lui fait un léger bisou sur la joue.

    " Boh, fais pas la tête ma ptite Queltia... Mais n'empêche ca marche à tous les coups ! ", dit-elle d'un ton narquois.

    Melo' et Manza laissent alors échapper un petit ricanement. Mais il manquait quelqu'un au tableau de la vie de Melo', à la peinture de ce parc en plein été : Asposa. Asposa est quelqu'un de relativement calme, ne cédant jamais à la colère. Quelqu'un de serein.

    La rencontre des 5 alliées s'était faite 3 ans plus tôt. Troop était le seul garçon qui fréquentait les jeunes filles. Mais leur amitié ne dura pas, par souci de mentalité, et de pseudo-enfantillages.

    Mais c'était plus que de l'amitié qui unissait ces 5 personnes : elles l'ont su dès que leurs rires se confondaient, que leurs mains restaient liées les unes aux autres face aux dures épreuves. 5 destins bien distincts en échange d'un futur commun : c'est ce qu'elles ont toujours voulu.

    C'était l'histoire d'une quintuple et même vie qui commencait...

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    La silhouette se rapproche. Dangeureusement, pense-t-elle. Mais elle reconnaît cette longue chevelure noire. Ondulés, comme les vagues de l'océan. Queltia. C'était Queltia qui était au dessus d'elle. Elle veillait tel un ange gardien au dessus de Melo.
    Elle entend un rire lointain. Ce rire enfantin qui la fait tant sourire. Le rire se rapproche. Melo' reconnaît cette course énergique et ces cheveux châtains aux reflets chocolat. C'était Manza', la soeur de Queltia.

    Toute confuse dans son ignominie d'avoir eu peur de cette personne qui lui est pourtant si familière, Melo' se redresse. En se relevant à l'aide de ses mains, un bris de verre s'enfonce dans la chair de sa main gauche. Encore un ivrogne, ou un jeune insouciant qui a laissé tomber sa bouteille. Le sang ruisselle dans sa main. Melo' reste interdite. Fascinée par ce spectacle. Des yeux grands ouverts sur le monde, elle se délecte de ce phénomène. Ce qui n'est pas le cas de Queltia et de Manza', bien sûr.

    " Pfff... encore un idiot qui respecte pas ce parc, dit Manza. Si ca tenait qu'à moi, y a longtemps que jleur aurais fait bouffer moi, ces putains de bouts de verre. "

    " Ca va ? " , demande Queltia, troublée de voir tant de sang couler.

    " Oui oui ", répond énergiquement Melo' avec une pointe d'insouciance. Car elle savait qu'un mal bien plus violent la rongeait depuis des mois...


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    Melo' était couchée dans l'herbe, le corps totalement détendu, l'esprit diffus. Elle voyait ces cumulus défiler... Agréablement. Angéliquement. Défiler comme les souvenirs heureux de sa vie... Melo' eut un petit sourire candide.
    De ses mains, elle parcourait l'herbe qui se déssechait sous la chaleur oppressante. Le voyage dans les yeux, le desespoir entre les mains, elle pense. *
    Le bonheur m'est interdit... Car j'ai vendu mes charmes au diable. *

    Elle pense à tout et à rien. Tantôt Son visage surgit, aussitôt il disparaît pour laisser place à l'amertume qui la submerge. Elle ferme les yeux pour oublier. Pour refuser cette réalité. Pour chasser cette image angélique qui lui morcèle le coeur à chaque instant. Elle revoit dans le ciel azuré, deux visages indistincts. Elle revoit la relation intense qui les liait. Cette complicité qui faisait d'eux des êtres indissociables. Elle esquisse un léger sourire. Elle laisse même échapper un petit gloussement, se remémorant leurs taquineries d'antan. *
    Pourtant tout est comme avant. Tout est mieux ainsi. Tout va beaucoup mieux. Mais pourquoi ce besoin de plus ? *

    Davko lui avait redonné la vie. Insufflé un bonheur inaltérable. Mais la magie n'a pas duré. Melo' peut surmonter ça. Mais souvent Melo' se laisse aller à des " Et si... "

    Soudain ses yeux à travers ses yeux à demi-clos, en raison du soleil aveuglant de Localo, Melo' apercoit flouement une silhouette. Un corps figé dans le néant désertique. Se refusant à ouvrir les yeux, son coeur palpite... Boum. Boum. Ses mains se crispent, son souffle se fait haletant, ses gestes indécis et hésitants... *
    Ouvre les yeux Melo'. Ouvre tes yeux au monde. *

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